Aujourd'hui, les fonctionnaires et en particulier les enseignants sont en grève, pour protester notamment contre les suppressions importantes de postes d'enseignants prévues l'année prochaine. A Châtillon comme partout ailleurs en France, nos deux collèges et notre lycée sont touchés avec des suppressions de postes et des heures supplémentaires qui vont être massivement demandées aux professeurs l'année prochaine, au détriment de l'enseignement proposé à nos enfants.
Quelles sont les conséquences de ces nombreuses heures supplémentaires demandées aux professeurs ? Je vous propose de lire le témoignage, paru dans "Le parisien" d'aujourd'hui, d'une enseignante de Châtillon, membre d'un syndicat plutôt classé à droite et qui est pourtant elle aussi en grève contre les mesures prévues par le ministre de l'éducation nationale.
"EMMANUELLE, adhérente d'un syndicat classé à droite
JUSQU'ICI , elle n'a pas fait grève. Emmanuelle est affiliée au Snalc (NDLR : Syndicat national des lycées et collèges) , classé à droite, qui appelle rarement à cesser le travail. Aujourd'hui pourtant, elle ne fera pas cours.
Prof de français, Emmanuelle est « titulaire sur zone de remplacement » dans l'académie de Versailles, depuis cinq ans. Comprenez remplaçante, selon les besoins du moment, en collège ou en lycée. « En septembre, je découvre où l'on m'envoie », sourit la quadragénaire. Six semaines ici, six autres là.
Cette année, chance : depuis septembre, c'est dans le même collège, à Châtillon (Hauts-de-Seine). « La transformation des postes en heures supplémentaires est un gros souci. Pour l'opinion publique, nous demander deux ou trois heures de plus paraît dérisoire. Mais dans la réalité, trois heures sup, pour un prof d'anglais par exemple, c'est une classe en plus à prendre en charge. C'est-à-dire non seulement des préparations, corrections de copie, conseils de classe... mais surtout des élèves. Assumer une classe, ce n'est pas simplement entrer dans la salle et garder les élèves, mais suivre leur parcours toute l'année. Et pour un enfant, le professeur efficace est une personne disponible, pas épuisée. »
L'an prochain, le poste qu'elle occupait seize heures par semaine est transformé en autant d'heures sup, que quatre collègues devront se répartir. Problème : « Il y a beaucoup de femmes à l'Education nationale, qui ont choisi le temps partiel, par confort de vie, pour s'occuper aussi de leurs enfants. Pour celles-là, le fameux travailler plus pour gagner plus est à revisiter : entre augmentation d'impôts et des frais de garde, le bénéfice sera quasiment nul. »
Le Parisien, édition du 15 mai 2008.


















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