Dans la torpeur de l'été, les Hauts de Seine font l'actualité des journaux nationaux de manière assez spectaculaire. Patrick Devedjian a expliqué au Monde qu'il voulait "nettoyer les écuries d'Augias" du 92 et "lutter contre la corruption". De son côté, Charles Pasqua le menace à mots couverts de le faire "mettre en minorité au moment du budget".
Je vous laisse lire les articles en questions à la fin de ma note.
La droite s'entre déchire donc mais la question de fond demeure néanmoins celle de la corruption. Prenons par exemple le cas de la SEM Coopération. Pendant des années, nous avons dénoncé cette SEM, créée par Charles Pasqua, visant à financer des projets de développement en Afrique. Nous dénoncions la non transparence de la gestion et le manque de visibilité quant aux bénéficiaires exacts des fonds. N. Sarkozy, pendant les 3 ans où il a été président du conseil général, ne fait rien. P. Devedjian se décide à la dissoudre cette année. S'il y a eu effectivement corruption, il faut alors que le conseil général se porte partie civile et que toute la clarté soit faite.
De même des fausses factures auraient été émises par la SEM 92, laquelle aménage dans le département de noimbreux collèges et quartiers. Il est urgent également que toute la lumière soit faite sur le sujet.
Et que dire des autres faits que P. Devedjian aurait découvert ? Il est important que si corruption et fraude il y a eu, que l'on ne se contente pas de fermer les yeux ou de déclarer l'affaire close mais bien de poursuivre en justice.
J'espère que, à la rentrée, il y aura une séance extraordinaire du conseil général, pour en parler. A l'heure où tous nos concitoyens souffrent de problèmes de pouvoir d'achat, il est important qu'ils sachent que, si leurs impôts sont dépensés dans des filières louches, que leurs élus sont décidés à poursuivre en justice cette corruption.
A suivre !!
Le Monde du 16 jullet
"Depuis qu'il a succédé à Nicolas Sarkozy à la tête du département des Hauts-de-Seine, le 1er juin 2007, Patrick Devedjian a entrepris de changer son image : "J'en ai assez que l'on dise que ce département est riche et malhonnête !", confie-t-il au Monde.
Cette croisade a relancé une sourde guérilla entre clans UMP des Hauts-de-Seine, dont les protagonistes ont en commun leur proximité avec le chef de l'Etat. Dernier arrivé : Jean Sarkozy, parvenu le 16 juin à la tête des troupes de la droite au conseil général. Aux yeux du clan anti-Devedjian, le fils cadet du président est le seul à même de le neutraliser.
En guerre ouverte de longue date avec l'ex-maire d'Antony, Isabelle Balkany orchestre les attaques. Alors que "le département a les moyens de construire dix tours Eiffel, Devedjian se prend pour une espèce de Saint-Just mais à mauvais escient !", s'exclame la vice-présidente chargée des collèges. L'élue (UMP) de Levallois cite un seul exemple : la suppression pour 2008 du dispositif "Parc en sports", qui "finançait des activités pour les gamins qui ne peuvent pas partir en vacances". Il est remplacé par un système "moins favorable aux villes pauvres", regrette-t-elle. A la demande de "Jean" (Sarkozy), insiste Mme Balkany, M. Devedjian l'a rétabli pour 2009.
Elle n'est pas la seule à dénoncer certains arbitrages. Proche de Mme Balkany, Alain-Bernard Boulanger, premier vice-président (UMP) chargé de l'habitat, calcule que l'office HLM du département "devrait perdre 7 millions de subventions en 2008 du fait des économies engagées par M. Devedjian". Cela "risque d'entraîner un quasi-effondrement de la construction de logements sociaux financés par le conseil général", assure le maire de Villeneuve-la-Garenne. "Vouloir, comme M. Devedjian, concentrer nos financements uniquement sur les communes qui n'atteignent pas le plafond des 20 % de logements sociaux de la loi SRU, déplore M. Boulanger, c'est prendre le risque de ne pas atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé de 3 250 logements par an dans les Hauts-de-Seine."
"Propagande !", réplique M. Devedjian en brandissant des chiffres qui montrent, au contraire, une hausse du budget départemental pour le logement en 2008. "M. Boulanger ferait mieux de s'occuper un peu plus de la gestion de la SEM 92 dont il est le président", rétorque le patron du département, qui assure avoir "découvert une facture irrégulière de 400 000 euros" dans les comptes de cet organisme chargé des grosses opérations d'aménagement du département. "Je me demande comment une livraison de sable pour un chantier piloté par la SEM 92 d'une valeur d'un million d'euros a pu disparaître", poursuit le patron du conseil général.
"MA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION"
"Je dérange parce que j'entends nettoyer les écuries d'Augias", constate M. Devedjian. "Toutes les attaques dont je suis l'objet résultent de ma lutte contre la corruption", prétend-il.
M. Devedjian se prévaut ainsi d'avoir coupé les vivres de la "SEM coopération", une société d'économie mixte créée par M. Pasqua qu'il soupçonne d'alimenter ses réseaux africains. "La SEM payait certaines entreprises en liquide", s'étonne M. Devedjian, qui a également amputé les crédits du pôle universitaire Léonard-de-Vinci, la "fac" de M. Pasqua. "Nicolas Sarkozy avait commencé à réduire les crédits. Je continue", dit-il. "Pasqua a fait récemment refaire la salle à manger de cette fac pour 160 000 euros. Ce n'est pas au département de payer", plaide le président du conseil général.
"On ne tire pas impunément les moustaches du vieux lion qui dort", s'amuse un proche de Charles Pasqua, constatant que M. Devedjian est devenu l'homme à abattre pour l'ex-patron du département. Ces derniers mois, en revanche, M. Pasqua n'a pas manqué de décrocher son téléphone pour dire aux élus de droite tout le bien qu'il pense de Jean Sarkozy.
Ce dernier se garde d'attaquer bille en tête M. Devedjian. Mais il juge "nécessaire d'amplifier nos politiques de solidarité si nous ne voulons pas nous exposer à des crispations sociales dans un département marqué par de profondes disparités". M. Boulanger approuve : "Jean a l'étoffe pour être un jour président du conseil général", s'enthousiasme-t-il. Mais avant, il devra y avoir "un pape de transition", explique le premier vice-président. Au cas où M. Devedjian serait "mis en minorité" avant la fin de son mandat, prévu en 2011.
Béatrice Jérôme
Article paru dans l'édition du 16.07.08.
Cet article, ne laisse pas Charles Pasqua indifférent :
"M. Pasqua réplique à l'« impétueux » M. Devedjian
Article paru dans l'édition du monde du 19.07.08
L'ancien président du conseil général invite Patrick Devedjian à « reprendre ses esprits »
L'actuel président du conseil général avait mis en cause la gestion passée de son prédécesseur
82 ans, Charles Pasqua n'a rien perdu de sa verve. Quarante-huit heures après avoir été mis en cause dans ces colonnes par Patrick Devedjian ( Le Monde du 16 juillet), le sénateur des Hauts-de-Seine nous a reçus dans son bureau de l'université Léonard-de-Vinci - dite « fac Pasqua » -, à Courbevoie. Enjeux : la gestion d'un (très) riche département, où M. Pasqua dispose encore de relais efficaces ; un « héritage » de la famille UMP laissé à M. Devedjian par Nicolas Sarkozy, mais sur lequel lorgne désormais le fils du président, Jean.
Patrick Devedjian entend « nettoyer les écuries d'Augias » et en finir avec l'image d'un département « malhonnête ». En tant qu'ex-patron du conseil général, comment réagissez-vous ?
M. Devedjian est impétueux et parfois abrupt dans ses jugements. Il faut qu'il reprenne ses esprits. Je souhaite pour les Hauts-de-Seine qu'il assume calmement ses fonctions et qu'il explique à sa majorité que ses mots ont dépassé sa pensée. Dans le cas contraire, il vaut mieux qu'il fasse autre chose car la situation va rapidement devenir intenable.
Il évoque le cas d'entreprises payées en liquide par la SEM coopération, que vous avez créée pour développer des opérations de développement en Afrique.
C'est totalement faux. Pour l'instant, il se garde de donner des faits précis ou de citer des noms. En revanche, il jette la suspicion sur tout le monde. Il faut qu'il fasse attention. A la minute même où il citera nommément des élus ou des personnels du conseil général, on s'expliquera devant les tribunaux. C'est clair !
M. Devedjian affirme que vous êtes un de ses opposants. Je n'ai jamais été contre M. Devedjian. J'ai fait la campagne de Jean Sarkozy pour la présidence du groupe UMP. Je me suis borné à dire que le conseil général avait besoin d'un coup de jeune et la majorité de dynamisme et d'unité. Jean Sarkozy était le mieux à même de l'assurer. J'avais pour M. Devedjian de l'estime. Par le passé, c'est moi qui ai fait en sorte qu'il se présente à la mairie d'Antony, puis qu'il soit député des Hauts-de-Seine. Il me doit tout. Aujourd'hui, il considère qu'il est attaqué par l'humanité tout entière. En tout cas de moi, il n'a rien à craindre ! Je ne suis plus candidat à rien. Il doit seulement s'attendre à ce que je rende les coups qu'il me porte.
Ne lui en voulez-vous pas d'avoir baissé les crédits de la « fac Pasqua » ?
Je lui ai proposé un échéancier précis de diminution des subventions. Le département a fait l'effort de construire et de financer cette université départementale. Maintenant qu'elle est reconnue, il est normal que progressivement la participation financière du conseil général diminue.
M. Devedjian affirme qu'en voulant lutter contre « la corruption », il dérange certains élus UMP.
Il dérange parce qu'il est incompréhensible et incohérent. Il a eu la chance de succéder à Nicolas Sarkozy et à moi-même. Il est à la tête d'un des départements les plus importants de France. Il a hérité d'une situation en or. N'importe qui aurait dit : «Ça va marcher comme sur des roulettes». Mais il a malheureusement une espèce de tempérament destructeur qui l'amène à dénoncer tout ce qui a été fait avant lui. Il a baissé les crédits du logement de l'action sociale sans se donner la peine d'étudier les objectifs et les résultats de ces politiques. Je comprends qu'il veuille imprimer sa marque. Mais son problème, c'est qu'il est à la recherche d'une posture et qu'il ne l'a pas encore trouvée.
Sa politique remet-elle en question les orientations qu'avait fixées M. Sarkozy pour le département ?
S'il met en cause la gestion de ses prédécesseurs, cela retombe aussi sur M. Sarkozy, en tant qu'ancien président du département. Dans cette mesure, ce que fait M. Devedjian est de nature à nuire aux intérêts du président de la République. C'est clair ! Mais que cherche-t-il au juste ? Il y a plusieurs hypothèses. Il assure qu'il n'a pas d'ambition pour l'avenir. Si l'on analyse ses propos d'un point de vue freudien, cela veut dire qu'il en a ! Il peut vouloir se positionner pour 2012. J'en connais beaucoup qui n'ont qu'une seule envie, c'est de savonner la planche sur laquelle est installé M. Sarkozy. En fait-il partie ?
Quelle pourrait être l'attitude de la droite départementale ?
M. Devedjian devrait être protégé encore pendant une année par M. Sarkozy. A moins que d'ici là, les conseillers généraux ne décident de le mettre en minorité au moment du budget. C'est un scénario qu'il vaudrait mieux éviter.
Propos recueillis par Béatrice Jérôme

















Ah les écuries d'Augias !
Ca lui va bien à Devedjian, lui qui a aussi son clan et son système. Vouloir lutter contre la camora Pasqua est impossible. Pasqua tient tout le monde car il a des dossiers sur tout le monde ! Voyez les méthodes des Ceccaldi, des Balkany, des Sarkozy (formés aussi à l'école Pasqua), et de Schostek.
Quoi que l'on puisse dire, Pasqua est le meilleur chef mafieux qu'il y ait depuis des lustres.
Jamais pris en flagrand délit.
Main de fer sur des systèmes clefs du pouvoir
Emprise pesante sur les Hauts de Seine.
Les médias lui mangent dans la main.
L'opposition tremble, craignant des représailles sévères. Et Pasqua qui se donne une image de bon Fernandel dans les médias pour endormir le bon peuple.
C'est pourquoi il faut combattre JP Schostek le plus durement possible car il est un baron mafieux perpétuant un système nuisible à la démocratie. Comme les communistes avant lui, il a mis un chape de plomb sur Châtillon, la livrant aux bétonneurs fous, mettant les plus démunis à la porte, avilissant le 3ème âge avec des mesures clientélistes à souhait aux frais du contribuable, e moquant de l'écologie et du cadre de vie (les espaces verts ne sont que peau de chagrin). Il applique les méthodes ultra libérales qui consistent à 1) getthoiser puis 2) à exproprier en démolissant les cités et en reconstruisant (merci Franco Suisse, Kaufman & Broad etc...) des appartements pour des cadres moyens qui voteront bien à droite.
Marina Santorelli
Rédigé par : Marina Santorelli | vendredi 08 août 2008 à 09h59