qui résume bien mon impression du moment après ce week end consternant à Reims....
Avantage Royal 18/11
Par Jean-Michel Aphatie le 18 novembre 2008, 10:09 - Lien permanent
Les hommes changent.
Dimanche, Bertrand Delanoë, maire de Paris, assurait ne pas vouloir se mêler de l'élection du futur premier secrétaire du parti socialiste. Il avait ses raisons. Il estimait que sa motion étant arrivé en seconde position, devant celle de Martine Aubry, il était normal qu'un candidat représentant ses idées soit présent dans la compétition, et qu'il soit soutenu par la maire de Lille et ses amis, puisque sur le fond du discours politique, ils étaient d'accord en tout.
Martine Aubry, elle, ne voulait pas entendre parler de cette combinaison. C'est ainsi, et pour cette seule raison, qu'aucun accord n'a pu être trouvé, à Reims, entre les dirigeants socialistes. C'est pourquoi, désabusé, le maire de Paris a déclaré vouloir se tenir à l'écart de la désignation du futur premier secrétaire de son parti.
Lundi, changement radical. Tout bien réfléchi, Bertrand Delanoë fait savoir qu'il soutiendra Martine Aubry. Notez bien que s'il avait fait ce choix vingt-quatre heures avant, le parti socialiste serait sorti de son congrès avec une majorité et une direction. Vertigineux, tout de même, d'avoir tout laissé partir en quenouille pour finalement faire le lundi ce que l'on se refusait à faire le dimanche. Drôle de sens des responsabilités, non?
Et pourquoi ce revirement? Quelle raison nouvelle, ou pressante, ou nouvelle et pressante, a pu justifier ce changement de pied? Réponse de Bertrand Delanoë dans une lettre rendue publique hier: l'élection de Ségolène Royal menacerait « l'identité même du parti socialiste ».
Clarifions l'abstrait et désossons l'horrible langue de bois. Aujourd'hui, selon ce raisonnement, le parti socialiste serait un parti de militants. Demain, « royalisé », il deviendrait un parti de supporters. Aujourd'hui, le parti socialiste serait dans une tradition européene bien ancrée. Demain, il serait un ersatz de « parti américain ». C'est dire si le péril est grave. C'est dire si la situation justifie un revirement.
On objectera ici deux ou trois choses. La première, c'est que cette réalité du lundi, si elle est vraie, était perceptible le dimanche. Personne ne peut sérieusement dire qu'il en a eu la révélation en une nuit. D'autre part, je me souviens, parce que j'y étais, le privilège de l'expérience, cet argumentaire là, parti à l'américaine, de supporters, et tutti quanti, c'est exactement ce que les jospinistes à Rennes, en 1990, balançaient à leurs ennemis fabiusiens, lesquels s'étranglaient d'indignation, oublieux qu'ils sont de leur propre histoire puisqu'ils reproduisent aujourd'hui à l'encontre de Ségolène Royal, le procès en sorcellerie qu'on leur faisait hier.
La vérité est plus prosaïque. C'est bien un barrage qui se dresse non pas contre la conception que Ségolène Royal se fait du socialisme et du parti socialiste, mais contre sa personnalité, sa manière d'être et de faire de la politique. C'est un combat personnel qui est engagé, dont le revirement de Bertrand Delanoë est la plus spectaculaire expression. Pas mal, pour un parti qui nous serine depuis des mois que c'est le débat d'idées qui compte, et rien que le débat d'idées.
De ceci, me semble-t-il, personne n'est vraiment dupe et du coup, cette perception peut fausser l'issue du scrutin interne au parti socialiste. Sur le papier, le ralliement de Bertrand Delanoë assure une avance indéniable à Martine Aubry. Mais les conditions dans lesquelles cela se réalise sont tellement grossières que la victimisation peut mobiliser des grappes de militants socialistes, jusque là abstentionnistes ou hésitants, en faveur de Ségolène Royal.
Si tout ceci était un jeu, je miserai bien une modeste somme sur l'ex candidate à l'élection présidentielle qui pourrait, jeudi soir, conclure le premier tour de scrutin dans une position plus favorable qu'on ne le croit. Mais la politique n'est pas un jeu. Elle est, pour les meilleures choses parfois et les plus mauvaises souvent, la représentation d'une société, de ses valeurs proclamées et de ses réflexes inavouées, psychanalyse collective à ciel ouvert qui fait que ses responsables politiques que l'on dit volontiers coupés de la population l'exprime beaucoup plus fidèlement qu'on ne le croit généralement.
Le match des responsables socialistes arrive à son terme. Ce matin, la conclusion provisoire est celle ci: avantage Royal.

















Le ralliement de Bertrand Delanoë est loin de faire l'unanimité au sein de sa propre motion. Jean Pierre BEL, sénateur de l'Ariège s'en tient au mot d'ordre de dimanche. Idem pour Jean-Marc Ayrault ou pour François Hollande. Pour ma part, je retiens l'intervention du député PS du Bas-Rhin, Armand Jung, qui soutenait la motion de Bertrand Delanoë, et qui a annoncé qu'il votera Ségolène Royal (source Le Monde.fr.)
"L'alternative est la suivante : d'un côté le mouvement et la rénovation du PS, et de l'autre l'immobilisme et le maintien de pratiques dépassées qui ont mené la gauche à l'échec".
Rédigé par: sandrine | mardi 18 novembre 2008 à 18h16
Et ce matin le journaliste persiste et signe le commentaire que je vous livre :
"Encore deux jours et nous connaîtrons le nom du futur premier secrétaire du parti socialiste. Ceci ne changera en rien le sort du monde, ni celui du journalisme moderne. Je vous redis ma perception des choses, fabriquée non pas au prix d’une « infiltration » téméraire dont je serai bien incapable, mais le cul vissé sur ma chaise, paperassier à l’ancienne, bouffé par la modernité et confit selon certain d’un orgueil qui me fait gonfler le citron: avantage Royal, encore ce matin, parce que sa faiblesse mathématique, réelle depuis le ralliement de Bertrand Delanoë à Martine Aubry, semble largement compenser par la volonté et la détermination de l’ancienne candidate à la présidence de la République."
Nous en avons la possibilité. Le pouvoir de décider appartient aux miliants. Alors jeudi disons OUI à la modernité, OUI à l'équipe conduite par Ségolène ROYAL.
Rédigé par: Philippe | mercredi 19 novembre 2008 à 14h50
Quand j'entend renouveau ou modernité à propos de madame Royal, ça me fait immédiatement penser à "réforme" pour sarkosy: un mot creux qui fait moderne et complétement vidé de toute substance
renouveau générationnel? combien d'année séparent les deux prétendantes? elles ont toutes deux émergé sous mitterrand et ne sont pas des perdrix de l'année!
quant aux soutiens de Ségolène: guerini, frêche, bianco... quelle jeunesse!!! c'est ridicule
renouveau des idées? encore faudrait il que madame royal ne change pas d'idées toutes les 5 minutes!
il s'agit en effet d'un choc des personnalités et c'est tout
madame royal n'est pas le renouveau de quoi que ce soit
le fait que la droite la mette autant en avant prouve bien qu'elle ne constitue pas un danger pour le gouvernement actuel
Rédigé par: tilt | jeudi 20 novembre 2008 à 11h37