Je reproduis ici l'article que nous avons publié dans Châtillon Informations du mois d'avril, sur les finances de la ville. Je remercie tout particulièrement Françoise Montseny, grâce au professionnalisme duquel nous avons pu procéder à cette analyse et qui est l'auteur principal des lignes ci-dessous.
Malgré des taux des taxes (habitation et foncier) très élevés (voir graphique ci-contre), malgré une forte progression de notre population (+3 600 habitants depuis 1999), malgré des services de proximité offerts à la population qui ne sont pas meilleurs que chez nos voisins, l’évolution des finances de la ville est préoccupante.
Depuis 2007, nous observons un important effet de ciseau, les dépenses courantes de fonctionnement progressent plus vite que les recettes (voir graphique), pourtant :
. les recettes fiscales restent importantes,
.les besoins des plus fragiles des Châtillonnais, en situation de précarité croissante, ne sont pas suffisamment pris en compte.
Des dépenses élevées ne signifient pas systématiquement plus de services de qualité mais sont souvent le révélateur d’une gestion peu rigoureuse des deniers publics.
Pourquoi une ville doit dégager de « l’Epargne Brute »
En 2008, certains indicateurs financiers passent des seuils d’alertes qui, d'expérience de spécialistes des collectivités, anticipent bien les difficultés à venir.
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L’Épargne Brute dégagée est en forte diminution depuis 2007. Cette Épargne est indispensable pour couvrir le remboursement de la dette et autofinancer une partie des investissements. Son montant conditionne les marges de manœuvre disponibles.
- Le taux d’Épargne Brute (Épargne Brute/Recettes Fonctionnement) de ce fait s’effondre à 6,2 % (seuil d’alerte : 8 % ; taux recommandé : 12 %).
- La capacité de désendettement se dégrade de 12 ans en 2006 à 21 ans en 2008 (seuil d’alerte 15 ans). Le montant de la dette reste très élevé, 66 millions d’euros, et son coût pèse sur les charges de fonctionnement. De plus, 29 Mios (44 %) sont potentiellement dangereux car soumis à des indices déconnectés de la gestion de la collectivité (risque change, courbes taux longs/courts, taux USD…). La Mairie nous a affirmé qu’elle exerce une surveillance toute particulière sur ce sujet pour pouvoir profiter de fenêtres de marché propices à des renégociations. Nous devons tous espérer que de telles conditions se présentent, sinon cela se traduira par des impôts en plus pour tous !
2 – Le budget 2009 ne marque pas assez la volonté de maîtrise des dépenses courantes face à la crise et au désengagement de l’Etat.
Aucune des propositions du « Groupe Socialiste et Châtillon Pour Tous » n’a été retenue dans le budget. Ne pouvant les exposer ici, compte tenu de l’espace qui nous est imparti, nous y reviendrons. Elles concernaient les besoins des personnes en difficultés compte tenu de la crise, des jeunes, des jeunes actifs et des familles avec enfants, et enfin les actions concernant le développement durable.
En fait, ce n’est pas dépenser plus, mais dépenser mieux et plus efficace, en fonction de choix prioritaires.
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