Deux projets de transports vont être très prochainement soumis au débat public, chacun avec sa logique propre.
Les Châtillonnais vont donc être amenés, comme tous les franciliens à donner leur avis et à débattre sur ces projets à long terme qui sont fondamentaux pour le devenir de la région.
Le projet Arc express
Arc Express est un projet de métro automatique de « rocade ». Il a pour objectif de favoriser les liaisons de banlieue à banlieue et d’améliorer la qualité de desserte en transports collectifs du cœur de l’agglomération francilienne, dont Châtillon fait partie. Il a pour vocation à offrir un niveau de service équivalent à celui du métro parisien et met la priorité sur les correspondances avec les lignes de transports collectifs qui existent déjà ( pour Châtillon ou à proximité, la ligne 4, la ligne 13, le tramway T6, le transilien Montparnasse-Versailles).
Le projet est porté par les différentes collectivités locales, le conseil régional et les différents conseils généraux. Il a été élaboré en concertation avec toutes les collectivités concernées.
Le projet devrait se réaliser en plusieurs phases et l’Arc Sud dont nous faisons partie est un des arcs prioritaires . Cet arc s’étend depuis Issy Les Moulinaux/Meudon à l’ouest jusqu’à Fontenay sous Bois / Noisy le grand à l’est.
Plusieurs trajets sont à l’étude pour cet arc Sud, un tracé éloigné, un tracé proche et un tracé intermédiaire, trois tracés que l’on peut retrouver sur la carte jointe.
La distance entre les stations devrait être entre 1 et 1,5 kms de manière à desservir de manière très serrée toute la zone, comme un métro et non comme un transport à grande vitesse, ce qui est plutôt le projet du grand huit .
Comment Châtillon est elle concernée ?
Tracés proches et intermédiaires : il y aurait un arrêt à Châtillon-Montrouge et des arrêts pour assurer l’interconnexion avec le T2, la ligne 12 à Mairie d’Issy, le train à Vanves Malakoff, la ligne 4 à Bagneux ou à Montrouge, le RER B à Bagneux ou à Laplace.
Tracé éloigné : Il y aurait un arrêt à Châtillon place du 8 mai 1945, pas de correspondance avec les lignes 4 et 13, mais un arrêt gare de Clamart, une connexion avec le RER à Bagneux.
Quel financement ?
Arc Express devrait coûter environ 7 milliards d’Euros,. L’Arc Sud 3 milliards d’euros . 900 Millions d’euros sont d’ores et déjà financés par le conseil régional et les différents conseils généraux. La région est en train de regarder comment financer le reste, soit par emprunt, soit par aide de l’Etat.
Quel calendrier prévisionnel ?
Les premiers travaux pourraient avoir lieu fin 2012 avec une mise en service pour les arcs prioritaires ( dont la partie Châtillon) en 2017.
Quel avancement dans les études ?
Les études sont maintenant avancées et le dossier a été porté en avril devant la commission nationale du débat public. Le débat aura certainement lieu à l’automne 2011.
L’ensemble des données sont tirées du dossier de maîtrise d’ouvrage édité par le STIF.
Le projet dit de Grand huit
Il s’agit du projet porté par M. Blanc , dont l’Etat, secrétaire d’Etat à la région capitale, porté par l’Etat au mépris de la région et de ses élus, pourtant choisis par 58 % de la population francilienne…La loi dite du « grand Paris » , votée fin mai, a essentiellement pour but de constituer la société dite du « grand Paris » qui devrait être s’occuper de la construction de ce grand huit.
Le projet a clairement pour objectif de relier différentes zones d’activité entre elles, de manière à « créer 800 000 emplois » et à desservir des grosses zones d’activités, pour celles qui concernent le plus le sud des Hauts de Seine, Saclay et La Défense.
Pourtant, L'objectif économique qui sous-tend le projet de Christian Blanc est improbable. Le Grand Huit permettrait de créer 800 000 à 1 million d'emplois sur quinze ans selon Christian Blanc. Comme le montrent de nombreuses études et notamment l’Institut d’Aménagement Urbain de l’lle de France (IAURIF) un tel rythme d'accroissement (55 000 par an) marquerait une rupture complète avec le passé et supposerait une arrivée massive d'immigrants qualifiés.
La distance prévue entre les stations est entre 2 et 3 kilomètres, avec une vitesse moyenne prévue de 80 kms/heures ( à comparer avec 40 Kms/heure pour Arc express).
Comment Châtillon est elle concernée ?
Le dossier est encore extrêmement vague sur le sujet. La seule chose que l’on sache est qu’il y aurait une station aux alentours d’Issy Les Moulineaux et une autre à Villejuif . Etant donné la vitesse prévue et la distance entre les stations prévue, cela laisse la place pour une gare dans le Sud des Hauts de Seine ( à comparer avec 6 à 7 gares avec Arc express selon les différentes configurations proposées). Cette gare peut être Châtillon Montrouge ou ailleurs.
Quel financement ?
Le grand huit aurait un coût de 21 milliards d’euros, trois fois plus qu’Arc Express. Il serait financé en partie par des plus values immobilières faites autour des gares, solution à laquelle à peu près personne ne croit, et par une taxe spécifique pour les franciliens comme l’a indiqué au Monde le 27 mai 2010, YvesAlbarello, rapporteur UMP de la loi.
De très nombreuses voix, dont celles des architectes de renom ( Jean Nouvel, Paul Chemetov…) et même le MEDEF en Ile de France se sont élevées contre ce projet qui « ne répond pas à une logique d’amélioration des conditions de déplacement mais à une vision dépassée des conditions de la croissance économique et à un parti prix d’aménagement du territoire contraire à l’objectif écologique de mettre fin à l’étalement urbain comme le dit très bien dans Le monde daté du 3 juin, Jean Vivier conseiller de l’union internationale des transports publics.
Les Châtillonnais auront donc à choisir , si on veut résumer un peu grossièrement :
- entre un RER souterrain qui passera sous leurs pieds à grande vitesse avec peut être une gare à proximité de Châtillon ( le grand huit) et un métro souterrain, moins rapide mais qui desservira toutes les interconnexions métros et tramways. ( Arc express)
- Entre un projet déjà très avancé ( Arc Express), soutenu par la région et élaboré en concertation avec les élus locaux, et un projet encore flou élaboré dans le secret du cabinet du secrétaire d’Etat.
- Entre un projet à 7 milliards d’Euros et un projet à 21 milliards d’Euros, certes pas sur le même périmètre.

















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