Nous sommes très souvent interpellés par des parents qui nous indiquent qu’ils n’ont pas de mode de garde pour leur enfant. Pas de place en crèche collective – qui reste le mode de garde préféré des familles- mais aussi pas d’assistance maternelle et aucun moyen de faire garder son enfant si ce n’est s’arrêter de travailler, prendre une assistante à domicile avec les charges qui vont avec, faire appel à la débrouillardise ou à la grand-mère, etc. Dans le même temps, nous entendons le maire se vanter d’être « une des villes des Hauts de Seine les plus dynamiques et les plus innovantes dans ce domaine » ( cf. site internet de la ville).
Chiffres réels
Nous avons voulu en avoir le cœur net et avons cherché des chiffres précis auprès des services du conseil général du 92. Les résultats sont édifiants : 1 enfant châtillonnais sur 2 ne bénéficie d’aucun mode d’accueil et 7 enfants sur 10 ne sont pas accueillis dans une crèche. De fait, Châtillon est classée loin des premiers et seulement la 19ème ville sur 36 communes du département pour sa performance pour l’accueil de la petite enfance. La raison en est simple à notre sens : de nombreux habitants sont venus récemment s’installer à Châtillon, souvent des familles avec des jeunes enfants, et dans le même temps, les crèches n’ont pas suivi le même rythme de croissance.
Un mode d’attribution des plus opaques
Une pénurie de places en crèche qui engendre le clientélisme. En effet, regardons comment sont attribuées les places disponibles, quel est le sésame tant attendu par de nombreux parents ? Quels sont les critères de sélection ? Revenus, fratrie, situation géographique ? L’obscurité est complète. D’après de très nombreux témoignages, il semble bien que le sésame gagnant serait d’avoir obtenu un rendez vous avec le maire ou un de ses adjoints. Nous ne comprenons pas cet état de fait et demandons que des critères d’attribution clairs et transparents soient établis afin que ce ne soient pas obligatoirement les parents les plus entreprenants ou bénéficiant du plus d’entregent qui bénéficieraient de la place en crèche tant attendue.
La crèche familiale à l’abandon
La crèche familiale est une structure intermédiaire entre la crèche collective et l’assistante maternelle. Elle est composée d’assistantes maternelles rémunérées par la mairie, ce qui évite le lien d’argent entre les parents et l’assistante maternelle. Ces assistantes travaillent en réseau et emmènent régulièrement les enfants dont elles ont la charge dans un lieu d’accueil collectif situé avenue Clément Perrieire. La structure pourrait normalement accueillir 40 enfants comme annoncé sur les documents de la ville. Mais il ne reste que 8 assistantes maternelles dont 2 vont bientôt prendre leur retraite, qui accueillent seulement 24 enfants… A notre interpellation lors du dernier conseil municipal, le maire a répondu de manière bien courte que cette crèche coûtait trop cher. Et pourtant il y a deux personnes à plein temps qui encadrent et les locaux sont bien disponibles. Serait-ce parce par simple idéologie qu’il ne voudrait pas relancer l’embauche d’assistantes maternelles salariées par la mairie, et laisser ainsi la crèche familiale à l’abandon ?
Prendre les crèches pour une garderie ?
L’ex-ministre de la famille, Mme Morano (UMP) constatant comme tout le monde le manque criant de places en crèches, n’a pas trouvé mieux que de signer un décret, approuvé par le maire de Châtillon, autorisant l’accueil des enfants en surnombre. Voilà qui augmente sensiblement, de 8 à 12, le nombre de petits enfants dont doit s’occuper une assistante. Chacun peut imaginer, dans ce cadre, les conséquences pour la qualité et la sécurité de l’accueil des enfants…Résultat : plus de bébés confiés à moins de professionnels, moins bien qualifiés, donc au final plus de stress pour ces professionnels, moins de disponibilité et de continuité auprès de chaque enfant et de sa famille. L’ensemble des professionnels de la petite enfance, ainsi que de nombreux parents, réunis dans le collectif « Pas de bébé à la consigne » ( www.pasdebebesalaconsigne.com) ont combattu ce décret. A Châtillon, les crèches de la ville ont fait grève pendant plusieurs jours pour protester. De nombreuses villes ont décidé de ne pas appliquer le décret. Et pourtant, à Châtillon, quand nous l’avons interpellé sur le sujet, le maire s’est contenté de nous répondre qu’il soutenait la réforme de Mme Morano et que « les Français étaient toujours contre les réformes ». Oui, mais uniquement quand elles sont injustes et dégradent la qualité de vie, non quand elles sont justes !!!
Bonus : les charges pour les parents qui emploient une nounou à domicile alourdies dans le cadre du budget 2011…
Un malheur n’arrivant jamais seul, de nombreux parents, n’ayant pas trouvé d’autres modes de garde pour leur enfant, font garder celui-ci à domicile. Au Parlement, les élus de droite dont Jean Pierre Schosteck ont voté les abattements sur les charges sociales dont ils bénéficient, menaçant ainsi 200 000 emplois familiaux ( cf fepem.fr). N’y aurait il pas d’autres « niches » fiscales à diminuer d’abord ? Le bouclier fiscal en premier lieu, les multiples exonérations dont bénéficient les plus hauts revenus comme l’investissement outre-mer, dans les œuvres d’art etc…
L’accueil de la petite enfance à Châtillon est donc bien loin d’être l’Eldorado vanté par la mairie. Nous sommes dans une ville dont les immeubles poussent beaucoup plus vite que les équipements sociaux et les crèches et qui, depuis 20 ans, s’est endormie sur ses lauriers… Il est nécessaire de revoir tout cela tant du point de vue national avec des propositions audacieuses autour d’un service public de la petite enfance que du point de vue local en relançant les investissements dans les crèches et en rendant transparents pour tous les critères d’attribution.
( article signé par les élus du groupe socialiste et Châtillon pour Tous dont la majeure partie est reprise dans Châtillon Informations qui sortira en décembre 2010).
Les commentaires récents